DPE collectif en copropriété : le calendrier 2026-2027 pour les syndics

L’obligation de réaliser un diagnostic de performance énergétique collectif franchit en 2026 une nouvelle étape de son calendrier d’application. Les copropriétés de plus de 50 lots ont désormais l’obligation d’avoir engagé la démarche, et les copropriétés moyennes y entreront en 2027. Voyons ce que cela implique concrètement pour les syndics et les copropriétaires.

Ce que le DPE collectif évalue, et pourquoi il diffère du DPE individuel

Le DPE collectif diffère du diagnostic individuel par son périmètre d’analyse. Il évalue la performance énergétique de l’ensemble du bâtiment — parties communes, équipements collectifs, enveloppe thermique commune — et non d’un seul logement. À l’issue de l’analyse, l’immeuble obtient une étiquette énergétique unique comprise entre A et G, accompagnée d’un jeu de préconisations de travaux que la copropriété peut ensuite voter en assemblée générale.

La réalisation revient au syndic, qui mandate un diagnostiqueur certifié et reconnu par le COFRAC. Le coût total varie entre 1 500 et 6 000 € selon la taille de la copropriété et le nombre de bâtiments concernés, à répartir entre les copropriétaires au prorata de leurs tantièmes ou de leurs millièmes selon le règlement de copropriété.

Le calendrier d’entrée en vigueur, copropriété par copropriété

Les copropriétés de plus de 200 lots sont concernées depuis le 1er janvier 2024, et la mise en œuvre est désormais bien avancée pour la plupart d’entre elles. Les copropriétés de 51 à 200 lots y sont entrées le 1er janvier 2025, et nombreuses sont celles qui terminent leur première campagne d’audit cette année. À partir du 1er janvier 2027, ce sera au tour des copropriétés de 16 à 50 lots, qui constituent la majorité du parc résidentiel collectif français. Les plus petites structures, de moins de 16 lots, basculeront dans le dispositif au 1er janvier 2028.

Cette progressivité n’est pas neutre : elle laisse aux syndics le temps d’organiser la mise en concurrence des diagnostiqueurs et de mettre les sujets à l’ordre du jour de leurs assemblées générales. Une copropriété de 30 lots qui ne s’est pas encore saisie du sujet en juin 2026 dispose encore de dix-huit mois pour s’organiser sereinement, à condition de ne pas attendre les derniers mois.

Pourquoi le législateur impose cette démarche

Le DPE collectif s’inscrit dans la trajectoire tracée par la loi Climat et Résilience d’août 2021. Cette loi prévoit l’interdiction progressive à la location des logements classés G depuis 2025, F à partir de 2028 et E à partir de 2034. Sans diagnostic collectif, les copropriétaires sont aveugles sur la performance globale de leur immeuble et incapables de planifier une rénovation cohérente avant que les contraintes ne deviennent insurmontables.

Le DPE sert également de socle au plan pluriannuel de travaux que doivent désormais voter les copropriétés. C’est l’outil de pilotage qui permet d’anticiper sur dix ans les chantiers d’isolation, de rénovation des chaufferies collectives ou de réfection des toitures-terrasses. Les copropriétés qui n’auront pas voté de PPT en temps voulu s’exposent à des contestations juridiques et à une décote de leurs lots à la revente.

Qui paie, et avec quelles aides

Le coût du DPE collectif et du PPT constitue une charge commune répartie selon les tantièmes ou les millièmes de chaque copropriétaire. Personne ne peut s’en exonérer, pas même un copropriétaire occupant qui a réalisé individuellement un DPE de son propre logement quelques mois plus tôt. Les deux documents coexistent et répondent à des obligations différentes.

Pour amortir ce coût, MaPrimeRénov’ Copropriétés finance une partie du diagnostic et de l’audit énergétique préalable, à hauteur de 30 % du coût plafonné à 600 € HT par lot pour le DPE collectif. Plusieurs régions ajoutent des aides complémentaires de 10 à 30 %, à vérifier auprès de l’Espace Conseil France Rénov’ compétent territorialement. Les CEE peuvent également venir abonder le financement, mais uniquement pour les copropriétés qui s’engagent dans des travaux à la suite du diagnostic.

Comment se préparer côté syndic dès aujourd’hui

Pour un syndic qui gère des copropriétés concernées par l’échéance 2027, le sujet doit absolument figurer à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale. Trois résolutions structurent une approche méthodique : le vote de la réalisation du DPE collectif avec mise en concurrence d’au moins trois diagnostiqueurs certifiés, le vote du plan pluriannuel de travaux sur dix ans incluant les opérations d’isolation des parties communes, et la création d’un fonds travaux obligatoire à hauteur minimale de 5 % du budget prévisionnel.

Pour les copropriétaires, le DPE collectif devient un argument de transparence supplémentaire lors d’une vente. Les notaires et les acquéreurs avisés demandent désormais à le consulter avant signature, ce qui crée une pression à la fois sur le syndic qui n’aurait pas anticipé et sur la valeur de marché des lots. Les bailleurs propriétaires d’un logement situé dans une copropriété mal classée ont également intérêt à engager rapidement une rénovation collective pour préserver l’éligibilité à la location à moyen terme.

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